projet audiovisuel « STRATES »

Connaissez-vous Imerys ?


Cette multinationale qui extrait des minéraux dits de “spécialité” (talc, quartz, kaolin, andalousite…) se présente en Hexagone comme une petite entreprise familiale.
Pourtant, avec près de 130 sites répartis dans 39 pays, exploités par une dizaine de milliers d’employés, Imerys, héritière directe du colonialisme francophone, est une entreprise tentaculaire et prédatrice. En témoigne son actionnaire majoritaire, la holding Bruxelles-Lambert, détenue par deux familles de milliardaires belges et canadiennes, impliquées dans de nombreux scandales politico-financiers (Lafarge-Holcim, Areva, GDF-Suez…). Ou encore le président de son conseil d’administration, Patrick Kron, ancien PDG d’Alstom, impliqué dans une des affaires qui a mené Macron au pouvoir.

Une résistance qui gronde

Avec la mine de lithium qu’elle est sur le point d’inaugurer à Echassières dans l’Allier, l’un des plus grands projets miniers européen, Imerys est récemment sortie de l’anonymat. Elle cherche à incarner une nouvelle phase de l’extractivisme contemporain : plus “vert”, décarboné et propre. Mais toujours fondé sur l’exploitation intensive des ressources et la destruction des territoires : ces dernières années, les ravages sociaux et environnementaux provoqués par ses activités s’accumulent et suscitent des levées de boucliers, en France comme à l’international.


Défaire l’emprise


A partir d’images tournées sur plusieurs années depuis les résistances dont Imerys fait l’objet et auxquelles nous prenons directement part en Bretagne, en Dordogne, dans le Cantal, l’Allier, le Lot ou encore l’Ariège, mais aussi à partir d’un reportage mené au Brésil auprès des communautés affectées, notre projet vise autant à exposer les mécanismes de prédation d’une multinationale minière qu’à explorer les luttes anti-extractivistes au sens large : contre les mines, les carrières, l’accaparement des terres et l’industrialisation des territoires ruraux.
Entre témoignages des personnes directement impactées, d’activistes et d’experts, images d’archives et enquête, par nos images, nous cherchons à emmener les spectateur·ices dans les différentes strates de la résistance aux mines et à leurs impacts : depuis les corps, les rivières et les sols impactés des sites menacés, exploités ou abandonnés, mais aussi dans les actions, manifestations, rituels, fêtes, réunions publiques, conseils municipaux, jusqu’aux couloirs de l’Assemblée nationale et du Parlement européen.
Nous cherchons à montrer qu’il est possible de changer les choses au cœur des communautés affectées par l’extractivisme, en prenant soin, lentement mais sûrement, par voisinage, de défaire l’emprise des multinationales sur nos vies. Il s’agit pour nous de raconter autre chose qu’une simple opposition aux mines : une lutte pour défendre des terres habitables, des liens vivants aux paysages, et leurs habitant-es, et la possibilité d’autres manières d’habiter le monde.


Qui sommes-nous ?
Nous sommes trois personnes dans des positions hybrides de militant.e.s/média-activistes/journalistes avec des polarités différentes selon les unes et les autres. Pour deux d’entre nous, nous sommes ancrés dans des luttes en Bretagne et en Dordogne contre des projets Imerys, tandis que le dernier documente les dégâts de l’extractivisme à l’international.
Ensemble nous avons entre nos mains la matière d’un projet audiovisuel important, dont l’objectif serait de déconstruire l’extractivisme minier comme sous-bassement matérialiste de l’impérialisme, angle mort du discours de la transition qui imprègne la gauche écologiste. Ce projet est également une manière de faire du lien entre les collectifs militants et les communautés affectées par Imerys.


Aidez nous à le faire advenir : nous recherchons des moyens et des compétences pour mener ce projet à bien .


Financement participatif : urlr.me/nSRVx9
Nous écrire : millestrates@riseup.net